Les accidents de vélo

Les chiffres concernant les accidents de vélo illustrent deux phénomènes. D’une part, les pratiques sportives de loisirs hors agglomération sont davantage exposées au risque d’accident que l’usage du vélo au quotidien en agglomération. D’autre part, le développement de l’usage du vélo améliore la sécurité à vélo, ainsi appelée « sécurité par le nombre ».

 

Le saviez-vous ?

Le nombre de personnes tuées à vélo en 2023 et en 2024 est en diminution de 10 % environ par rapport à l’année 2022. Entre 2019 et 2023, le nombre de personnes tuées à vélo a augmenté de 18 %, soit moins vite que l’augmentation de l’usage du vélo : la Plateforme Nationale des Fréquentations révèle une hausse de 37 % de la fréquentation cyclable sur ces mêmes dates.

D’après l’ONISR, les personnes tuées à vélo en 2024 représentaient 7 % de l’ensemble des personnes tuées, ce chiffre étant doublé pour les piétons qui représentaient 14 % des personnes tuées (ONISR, 2024). Rapporté au temps passé à se déplacer, se déplacer à vélo représente un risque 4 fois plus important qu’en voiture mais 7 fois moins important qu’en deux-roues motorisé (ONISR, 2023). Ces faits rappellent que les cyclistes font partie des usagers vulnérables.

L’ONISR publie chaque année une matrice de collision, autrement nommée « Tableau de qui tue qui » dans le rapport « Prévenir les violences et apaiser les tensions pour mieux partager la voie publique » remis par Emmanuel Barbe au ministre des Transports en avril 2025. Ce tableau illustre la forte prépondérance des véhicules motorisés dans les collisions mortelles pour les usagers vulnérables dans les collisions mortelles. L’ONISR indique également que dans deux tiers des cas de collisions mortelles, les cyclistes n’étaient pas présumés responsables. L’ONISR partage également des chiffres indiquant une prépondérance des hommes et du facteur de vitesse excessive lorsque les conducteurs sont présumés responsables (ONISR, 2024).

 

Un surrisque hors agglomération

8 accidents sur 10 impliquant des cyclistes ont lieu en agglomération où les trajets à vélo sont plus importants. Mais les accidents les plus graves ont majoritairement lieu hors agglomération : 6 personnes tuées à vélo sur 10 le sont hors agglomération. Il s’agit très majoritairement d’hommes, âgés de plus de 55 ans : 9 personnes tuées à vélo sur 10 sont des hommes, et si les 55 ans et plus représentent 34 % de la population, ils représentent 70 % des personnes tuées à vélo (ONISR, 2024). Enfin, 87 % des cyclistes tués dont le motif de déplacement est renseigné étaient sur un trajet de loisirs​.

Ces chiffres renvoient à une réalité vécue par les cyclistes : l’absence d’aménagements cyclables conjuguée à la vitesse automobile sur les routes accentuent la mise en danger des cyclistes. La violence motorisée se développe et les comportements dangereux des automobilistes (excès de vitesse, dépassements rasants) se banalisent à l’encontre des cyclistes. Ces informations devraient pousser au renforcement des contrôles et des formations à l’attention des conducteurs de véhicules motorisés pour garantir la sécurité de tous les usagers de la route.

 

La « sécurité par le nombre »

Sur plusieurs années, l’augmentation de la pratique du vélo, plus rapide et plus importante que celle des accidents à vélo, démontre un effet progressif de « sécurité par le nombre » déjà observé dans nos pays voisins. Plus il y a de cyclistes sur un même territoire, moins le risque individuel d’avoir un accident est grand :

  • Plus les collectivités mettent en place des infrastructures sécurisées et des mesures pour apaiser le trafic, plus les cyclistes circulent en sécurité.
  • Plus les cyclistes sont nombreux sur l’espace public, plus ils sont prévisibles et vus par les autres usagers.
  • Plus les cyclistes s’habituent au trafic urbain, mieux ils connaissent les quelques situations à risques.

 

Ces faits et chiffres concernant les accidents à vélo rappellent l’importance de développer des aménagements cyclables sécurisés, de réduire les vitesses automobiles et d’améliorer l’éducation tout au long de la vie pour le partage de la route.