29 avr 2026
Alors que le nombre de cyclistes tué-es sur les routes a augmenté en 2025 et que 40 000 km d'aménagements cyclables manquent toujours à l'appel en France, le Sénat a adopté la loi-cadre relative au développement des transports. Si les sénateurs et sénatrices ont introduit une avancée bienvenue en intégrant le vélo dans les futures lois de programmation, le Sénat a dans le même temps maintenu une disposition inquiétante qui affaiblit le code de l'environnement et un pilier essentiel de la sécurité des cyclistes. La FUB appelle à un sursaut : le droit de se déplacer à vélo en toute sécurité n'est pas négociable.
Le vélo fait de nouveau son entrée dans le champ des lois de programmation des infrastructures de transport, après une première reconnaissance dans la loi d'orientation des mobilités. L'article 1er de la Loi-Cadre voté le 28 avril au Sénat permet d'envisager la définition d'objectifs d'investissement pluriannuels pour le développement des aménagements cyclables. Une reconnaissance attendue de longue date, alors que les besoins restent massifs sur l'ensemble du territoire.
Mais cette avancée ne saurait masquer un recul préoccupant. Le Sénat valide le détricotage de l'article L228-2 du code de l'environnement qui, depuis 30 ans, garantit l'intégration d'aménagements cyclables sécurisés lors de toute création ou rénovation de voirie en agglomération. En abaissant cette obligation au niveau réglementaire, le texte la rend plus fragile et plus facilement contournable.
Concrètement, cette évolution pourrait ouvrir la voie à des dérogations majeures pour les collectivités et à une interprétation minimale des exigences de sécurité. Des marquages ou des signalisations comme un simple panneau « zone 30 », pourraient ainsi être considérés comme suffisants, bien loin des retours des cyclistes du quotidien, qui demandent des infrastructure réellement sécurisées et adaptées.
Cette modification risque d'entraîner des conséquences graves et durables. Moins d'aménagements dédiés, c'est mécaniquement plus d'accidents, plus de blessé-es et davantage de vies brisées. Elle favorisera également l'inaction de certaine collectivités, alors même que les besoins sont immenses : aujourd'hui, seulement 4 % de la voirie en France est aménagée pour le vélo. Au-delà des chiffres, cette régression juridique freinera les volontés de se déplacer à vélo, en renforçant le sentiment d'insécurité.
Cette loi envoie ainsi un signal contradictoire. D'un côté, l'État reconnaît la nécessité de mieux financer les infrastructures cyclables ; de l'autre, il fragilise les obligations qui garantissent leur réalisation effective. Comment atteindre les objectifs du Plan Vélo national dans ces conditions ?
La FUB salue l'engagement des sénatrices et sénateurs qui se sont mobilisé·es pour intégrer le vélo dans la programmation de infrastructures et porter avec force les enjeux cyclables dans le débat parlementaire.
Mais elle appelle à corriger sans délai les dispositions qui fragilisent la sécurité des cyclistes dans la suite du parcours législatif.
La FUB appelle :
• Au maintien de l’article L228-2 tel qu’il existe actuellement dans le code de l’environnement
• À l’inscription d’une trajectoire budgétaire ambitieuse pour résorber les 40 000 km d’aménagements cyclables manquants.
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