Sauvegarde des programmes CEE : la FUB et ses partenaires s’engagent

 Sauvegarde des programmes CEE : la FUB et ses partenaires s’engagent

Face à l’incertitude entourant la reconduction des programmes CEE, la FUB et ses partenaires (CLER, FNCCR, Réseau des agences régionales de l’énergie, Mob’in) ont co-rédigé une tribune pour alerter le gouvernement et rappeler l’efficacité de ces dispositifs. Aujourd’hui, ces programmes constituent une ressource précieuse pour 35 000 collectivités et permettent d’articuler transition énergétique, justice sociale et justice environnementale.

Certificats d’économie d’énergie : les élus locaux demandent de la cohérence et de la stabilité pour poursuivre la transition énergétique juste dans leurs territoires
Alors que s’ouvrent aujourd’hui à Strasbourg les Assises européennes de la transition énergétique avec pour thème “L’énergie un bien commun, des territoires à l’Europe”, élu·es de Région, Département, intercommunalités ou communes nous appelons le gouvernement à assurer une continuité des programmes d’accompagnement financés par les certificats d’économies d’énergie. Ces programmes sont aujourd’hui indispensables pour mener des actions de réduction des consommations d’énergie, d’accompagnement au changement de pratiques et de lutte contre la précarité énergétique, dans le bâtiment ou les mobilités du quotidien.  

Une précarité galopante
Engagé·es sur nos territoires, nous observons ces dernières années un nouveau visage de la précarité. Pour une partie de nos concitoyens et concitoyennes, les difficultés s’accumulent et accéder aux besoins énergétiques essentiels est devenu un luxe. Une personne sur cinq ne parvient plus à payer ses factures d’énergie et souffre du froid dans son logement l’hiver et de la chaleur l’été. Et près d’une personne sur cinq rencontre des difficultés à se déplacer librement, régulièrement ou à un coût supportable pour accéder à l’emploi, aux soins et autres services publics.  

Des programmes d’accompagnement qui ont fait leur preuve
En qualité d’élu·es, il est de notre devoir de déployer sur nos territoires des solutions concrètes pour accompagner en premier lieu les personnes fragilisées. Les certificats d’économie d’énergie (CEE) représentent une source de financement pour répondre à ces besoins de terrain. Nous avons fait le choix de saisir cette opportunité et d’engager nos collectivités dans des programmes ambitieux de lutte contre la précarité énergétique, de rénovation énergétique des bâtiments, et de déploiement de solutions de mobilité et de logistique urbaine durable et inclusive. Aujourd’hui, ces programmes regroupent 2 500 collectivités engagées et représentent 100 millions d’euros versés aux territoires pour agir sur le terrain. Il s’agit de repérer, accompagner, et proposer des services pour les personnes en difficultés financières, vivant dans un habitat souvent indigne, privées de moyen de transport, et lutter contre le non-recours aux dispositifs d’aides. Les différents programmes financés par les CEE nous permettent d’articuler action sociale et engagement environnemental pour que les publics les plus fragilisés sortent gagnants de la transition énergétique.  

Des ressources en berne et un besoin de financement grandissant
D’après le Comité des Finances locales, en 2025, les efforts financiers demandés, les coupes budgétaires dans le budget de l’État comme sur le fonds vert et l’augmentation des charges, vont coûter 7 milliards d’euros à nos collectivités. Et ces contraintes budgétaires vont s’intensifier en 2026, avec une instabilité croissante. Dans le même temps, pour développer des infrastructures de mobilités alternatives (transport collectif, ferroviaire, aménagements cyclables), la rénovation des bâtiments publics, etc., 11 milliards d’euros supplémentaires doivent être engagés chaque année d’ici à 2030 par les collectivités, selon l’institut pour l’économie du climat (I4CE), sans parler des besoins d’accompagnement des personnes. Et accélérer l’action énergie climat des collectivités et conduire la transformation de nos territoires nécessitent d’investir au minimum 1,5 milliard d’euros supplémentaire par an, pour des moyens humains à la hauteur des besoins.  

Nous n’attendons pas des subventions massives pour agir : nous demandons une vision cohérente permettant d’inscrire notre action sur le long terme alors que l’environnement budgétaire d’aide de l’État se réduit.  

Dans ce contexte, et alors même que les discussions sont en cours sur la 6e période des certificats d’économies d’énergie, nous appelons le gouvernement à assurer une continuité dans ce dispositif en maintenant les programmes d’accompagnement, indispensables pour poursuivre l’engagement de nos territoires en faveur d’une transformation sociale et écologique.