Voir et être vu, c'est vital !

L'éclairage du vélo n'est pas une option : c'est une obligation ! Obligation pour votre sécurité en tout premier lieu bien sûr, mais aussi obligation réglementaire car le Code de la route impose à tout cycliste un équipement minimum... qui mériterait d'ailleurs d'être renforcé.

 

Ce que dit le Code de la route

Lorsque vous circulez en ville ou sur une route la nuit (ou même de jour si la visibilité est insuffisante : brouillard, tunnel), votre vélo doit disposer d'un équipement qui le rend visible des autres usagers. C'est une obligation prévue par le Code de la route (R313 – alinéas 4,5,18,19 et 20). Il se compose de plusieurs éléments :

  • un phare avant blanc ou jaune
  • un phare arrière rouge
  • un catadioptre (réflecteur) avant blanc ou jaune
  • un catadioptre (réflecteur) arrière rouge
  • des réflecteurs visibles latéralement (catadioptres fixés sur les rayons des roues ou bien  pneus à flancs réfléchissants)
  • des réflecteurs de pédale
  • Et si vous avez accroché une remorque à votre vélo, celle-ci doit également être équipée d'un catadioptre, voire d'un catadioptre de chaque côté si sa largeur dépasse 1,30 m.

L'éclairage est facultatif de jour. Le système peut d'ailleurs être amovible afin de répondre aux besoins spécifiques des cyclistes sportifs ou VTTistes. Néanmoins, il n'est pas conseillé de sortir sans cet équipement car même en plein jour, certaines situations peuvent vous obliger à circuler avec un éclairage. C'est le cas si la visibilité se dégrade (par exemple en cas de brouillard ou de forte pluie), si vous passez sous un tunnel ou même à l'occasion d'un trajet effectué plus tardivement que prévu. Et c'est une obligation aussi bien au regard du Code de la route que de votre propre sécurité.

 

Une priorité pour votre sécurité

Car au-delà du respect du Code de la route, l'objectif essentiel reste bien celui-là : assurer la sécurité du cycliste. À vélo, voir et être vu, c'est vital. Or, trop d'usagers sous-estiment l'importance de l'éclairage. Ainsi, selon une enquête menée par les pouvoirs publics[1] en 2008, 15 % des sondés considèrent superflu l'éclairage de leur vélo la nuit en présence d'éclairage public. Et 20 % déclarent ne pas l'utiliser pour la simple raison qu'il n'est pas en état de fonctionner. Les uns disent avoir oublié de prendre leur système (amovible), les autres assurent l'avoir égaré ou se l'être fait voler...

Certes, la réglementation prévoit bien que tous les vélos mis en vente doivent être munis d'un dispositif complet d'éclairage, fixe ou amovible. Il est même explicitement dit que tout manquement dans ce domaine constitue une infraction et doit être signalée à la DGCCRF. Mais dans la réalité, force est de constater que cette obligation n'est pas toujours respectée...

 

Des normes à renforcer...

 

Autre problème : même lorsque l'éclairage existe, il arrive qu'il ne soit pas à la hauteur des exigences sécuritaires souhaitables ! Sur les modèles basiques, notamment, on déplore souvent des systèmes d'une fiabilité médiocre et d'une puissance insuffisante.

En fait, notre réglementation manque de précision sur l'intensité de l'éclairage. Elle ne dit rien de la puissance d'éclairement des phares ni de l'alimentation électrique, contrairement à l'Allemagne où l'on impose un éclairement des vélos vraiment efficace d'au moins 10 lux à 10 mètres de distance. Ce n'est pas un détail, pourtant : une bicyclette dotée d'un mauvais éclairage, trop faible, n'est vue qu'au dernier moment, parfois trop tard...  

La France a bien prévu des normes industrielles (alimentation de 6 volts et puissance de 3 watts au minimum), mais sans préciser un rendement minimum. Si bien que l'éclairage peut parfaitement bénéficier de la norme NF et s'avérer insuffisant, soit parce que le dispositif est de piètre qualité, soit parce qu'il est mal entretenu. En tout cas, parmi les dispositifs d'éclairage commercialisés en France, bien peu offrent un niveau équivalent aux dispositifs commercialisés outre-Rhin.

Paradoxe : en matière d'intensité de l'éclairement, la seule précision apportée par le Code de la route concerne le fait que les phares du vélo ne doivent pas être... éblouissants !

 

… et un dispositif à compléter

À maintes occasions, la FUB a fait part de son souhait de voir la réglementation sur l'éclairage évoluer pour offrir une meilleure sécurité aux cyclistes. Evoquant les bonnes pratiques à l'oeuvre dans les pays voisins, elle a proposé plusieurs évolutions : un système de feux clignotants à l'arrière, plus visibles d'un simple feu rouge fixe (autorisé en Grande Bretagne mais interdit en France), des lampes frontales ou arrière fixées sur un casque (admises en Belgique comme des alternatives aux feux sur le vélo mais pas en France), une fonction « feu de position » à l'arrière pour maintenir la visibilité d'un vélo à l'arrêt (obligatoire en Allemagne, alors qu'en France ce n'est qu'une option, même pas une préconisation), les flans de pneumatiques pourvus d'une bande réfléchissante (pas encore obligatoires dans l'hexagone), etc. Tous ces points sont autant de batailles à mener si l'on veut vraiment améliorer la sécurité des cyclistes...

 

Des alternatives au gilet jaune

À l'éclairage réglementaire du vélo est venue s'ajouter en 2008 une nouvelle obligation à visée sécuritaire : tout cycliste qui circule de nuit hors agglomération est tenu de porter un gilet rétro-réfléchissant dit « de haute visibilité ». Cet équipement, qui peut être complété le cas échéant par des accessoires rétro-réflechissants -serre-chevilles, chaussures cyclistes à talon réfléchissant-  est toutefois jugé contraignant par la FUB qui préfèrerait que l'on suréquipe le vélo plutôt que le cycliste. Elle conseille pour sa part de doter de surfaces rétro-réfléchissantes le maximum d'éléments : pneus, cadre, garde-boue, sacoches, rayons, etc. Avec l'avantage que ces éléments restent à demeure et risquent moins de disparaître sous une cape de pluie ou autre objet occultant.

 

Bon à savoir

Le fait pour un cycliste de contrevenir aux dispositions de l'article R313 concernant l'éclairage peut être puni d'une amende prévue pour les contraventions de première classe.


[1] Enquête du Cerema/Ifsttar, conduite en France auprès de 900 cyclistes.