Stationnement dans les espaces privés

Le vol de vélo, un sport national en pleine expansion

La peur du vol et l’absence de place au domicile sont aujourd’hui parmi les principaux freins à l’usage du vélo comme mode de déplacement : plus de la moitié des vols ont lieu dans des cours, garages et caves privées. Le remède est connu : il faut des emplacements équipés et sécurisés dans les immeubles d’habitat et de bureaux.
 
 

Une réglementation bien souvent ignorée

Obligatoire depuis 2012 dans les immeubles collectifs neufs d’habitation et de bureau (décret du 25/07/2011 et arrêté du 20/02/2012), le stationnement « sécurisé » des vélos reste encore un combat du quotidien.

La réglementation impose de réserver un (ou des) espace(s) équipé(s) d'une fermeture sécurisée et de dispositifs fixes pour stabiliser et attacher les vélos. La taille du local dépend du nombre de logements ou de la surface de bâtiment : 0,75 m² / logement (studios, T1, T2) ; 1,5 m² par logement >T2 ; 1,5 % de la surface de plancher pour les bureaux. L’espace doit être couvert, éclairé, se situer au rez-de-chaussée du bâtiment, à défaut au premier sous-sol, ou en dehors du bâtiment mais en restant sur la même unité foncière (décret n° 2014-1302 du 30/10/2014). Il doit être facilement accessible depuis le(s) point(s) d’entrée du bâtiment.»

Depuis le 1er janvier 2015, cette obligation s’étend aux bureaux existants : le décret 2014-1302 offre la faculté de prendre cet espace sur des places de stationnement jusque-là dédiées aux voitures.

Même si la règlementation ne s'applique pour l’instant qu’aux logements neufs, rien n'empêche les bailleurs ou les syndics de copropriété d'aménager un local à vélos dans l'habitat existant.

 

Garer son vélo chez soi ou au bureau, un éternel casse-tête

Dans les immeubles d’habitation et de bureaux, il faut du stationnement longue durée pour les résidents ou occupants réguliers et du courte durée pour les visiteurs. L’idéal est un local fermé conforme à la réglementation complété par des arceaux en extérieur (idéalement couverts). La localisation et le choix des équipements sont décisifs : 1/3 des cyclistes disposant d’un local à vélo ne l’utilise pas car difficilement accessible, trop éloigné, sans système d’appui, avec une porte non sécurisée… Essayez de descendre une volée d’escalier et pousser des portes coupe-feu d’une main avec son vélo dans l’autre ?

Le système dit « étriers » fortement répandu qui maintient seulement la roue avant est à proscrire : la roue se voile et le reste du vélo peut être volé. Investissement initialement peu cher mais non rentabilisé si non utilisés ! Les systèmes sophistiqués attisent la curiosité mais sont aussi vite délaissés car s’avèrent compliqués et fragiles à l’usage, pour un coût élevé.

Selon la configuration du local, diverses organisations sont possibles : en bataille (perpendiculaire à l’allée de desserte), en épi (diagonale), longitudinal le long de l’allée de desserte. Pour rentabiliser la surface, le plus simple est l’alignement côte à côte, en tenant compte des aires de circulation nécessaires pour manœuvrer. De nombreux produits disponibles sur le marché permettent un gain de place : surélévation d’un vélo sur deux, double rangée de racks à vélo… Il ne faut pas oublier que ces dispositifs ne sont efficaces qu’avec un bon antivol individuel et que seul le marquage d’un numéro unique BICYCODE® gravé sur le cadre des vélos permet de les rendre à leurs propriétaires. Un quart des victimes de vol ne rachètent pas de vélo.

 

En copropriété, c’est aussi la galère

Contrairement au dispositif législatif simplifié pour l’installation de prises pour véhicules électriques, les travaux de création d’un local vélo restent soumis à un vote à majorité des 2/3 des copropriétaires, ce qui est souvent très difficile à obtenir. Parmi les arguments pour emporter la décision des récalcitrants, citer la valorisation apportée à la copropriété puisque ce local est obligatoire dans le neuf, la réduction des dégradations des parties communes due au transport des vélos dans les étages (y compris ceux des enfants)…

 

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