Stationnement dans les espaces publics

Le vol de vélo, un frein important pour développer la pratique

Trop de vélos sont volés sur l’espace public. Antivol cisaillé, roue restant seule attachée à son arceau… de nombreux  cyclistes renoncent à réinvestir dans l’achat d’un vélo de bonne qualité. Pourtant avec quelques règles simples, le risque de vol peut être considérablement réduit.

 

Arceau, abri couvert ou espace fermé : que choisir ?

Un vélo appuyé sur un mur offre beaucoup plus de tentation que s’il est attaché à un point fixe. C’est pourquoi les cyclistes sont à l’affut des poteaux de signalisation et des barrières de sécurité lorsqu’ils ne trouvent rien d’autre à proximité. Mais il s’agit d’une tolérance car, selon les configurations, ce stationnement peut gêner, voire blesser un piéton malvoyant ou un enfant. Une politique cyclable doit toujours comporter un volet « stationnement ». Le choix du type de mobilier est fonction de la durée du stationnement : pour une courte durée, moins de deux heures – commerces de proximité, bibliothèque, service administratif – un simple arceau extérieur suffit. Pour plusieurs heures – espace culturel, cinéma, centre commercial – l’arceau doit être protégé des intempéries et situé dans un lieu de passage bien visible. Pour encourager l’intermodalité vélo-transport public sur le trajet domicile-travail ou domicile-étude, l’idéal est un espace fermé et sécurisé.

 

L’arceau, le préféré des cyclistes

L’arceau cumule beaucoup d’avantages : pouvoir accrocher au moins le cadre et une roue ; coût très abordable ; facilité d’adapter leur nombre au réel besoin. Regroupés en série de cinq, espacés de 50 à 60 cm, les arceaux accueillent une dizaine de cycles pour l’équivalent d’une place automobile. Positionnés en amont du carrefour, sur la chaussée, ils améliorent la visibilité réciproque au niveau de la traversée piétonne en constituant une barrière physique au stationnement automobile illicite. Les nouvelles dispositions du code de la Route (art. R 417-11) considérant comme très gênant pour la circulation publique l'arrêt ou le stationnement sur une distance de 5m en amont des passages piétons dans le sens de la circulation encouragent ce dispositif (décret 2015-808 du 02/07/2015 relatif au plan d'actions pour les mobilités actives et au stationnement). Mais la sécurité offerte par l’arceau dépend de la qualité de l’antivol choisi : le système en U reste une excellente référence (cf résultats de la commission test d’antivols).

Pour des abris couverts, les dispositifs mis sur le marché sont nombreux allant de la combinaison d’arceaux à la surélévation d’un vélo sur deux pour gain de place. La capacité dépend du lieu, de l’environnement, de l’aire d’attraction : une dizaine de places à chaque arrêt tram (hors fin de ligne et stations de correspondance), une quinzaine pour les visiteurs d’un centre administratif, une cinquantaine en différentes unités pour un centre commercial…

 

Les systèmes de longue durée fermés

Le guide FUB consacré au stationnement sur espaces privés donne plusieurs pistes transposables sur l’espace public : emplacement, adaptation de l’offre à la demande, matériel... Pour favoriser la complémentarité des modes individuels et collectifs, la loi n° 2013-431 du 28/05/2013 portant diverses dispositions en matière d'infrastructures et de services de transports intègre à l’article L1211-3 du code des transports la « création d’aires de stationnement sécurisé pour les cycles dans les gares nouvelles et les réaménagements des gares existantes du réseau ferré ». Cette mesure complète l’obligation de stationnement longue-durée relative aux immeubles d’habitat et de bureau (cf. fiche stationnement des vélos sur espaces privés).

Beaucoup d’exploitants s’interrogent sur les équipements à prévoir, leur dimensionnement, l’emplacement… ce dernier point est décisif pour assurer l’utilisation du dispositif : 50 m du lieu d’embarquement, maxi 100 m, au même niveau que les quais ou avec un accès direct rapide ; un système d’accroche des vélos simple et sûr. L’objectif est d’offrir aux usagers un stationnement sécurisé au moins à chaque extrémité de ligne, voire sur des points intermédiaires très fréquentés. La capacité est à adapter au contexte : choisir sur la base de la pratique attendue et non de la pratique actuelle (15 à 20% de part modale), soit entre la trentaine de places d’une gare secondaire de périphérie et les milliers d’emplacements offerts et tous occupés à Strasbourg . Les horaires d’ouverture des services de type vélostation doivent coller avec la clientèle selon qu’il s’agit d’emprunter un TER (horaires de navetteurs) ou un TGV (amplitudes plus grandes : 5h à 23h). L’accès aux usagers occasionnels, touristes signifie une offre tarifaire à la journée avec une procédure simplifiée pour accéder au service (le succès des vélos en libre-service en est la preuve).

D’autres points sont aussi déterminants :

  • signalétique claire et standardisée, pour rendre l’aire de stationnement facilement repérable,
  • itinéraires cyclables permettant d'accéder et de repartir aisément,
  • accès pratique (carte sans contact), ouverture automatique de la porte pour ne pas avoir à poser son vélo pendant l'opération,
  • ambiance agréable, sécurisante (éclairage, couleur, ...)

 

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