A chaque usage son vélo

Comme trois millions de Français, vous vous apprêtez peut-être à acheter un nouveau vélo.[1] Mais lequel ? Car selon sa destination, votre choix pourra se porter sur des modèles très différents les uns des autres. La gamme des cycles est aujourd'hui extrêmement vaste et il existe des modèles pour chaque usage, avec des caractéristiques, des équipements... et des prix très divers.

Si vous projetez de pédaler en famille sur les sentiers campagnards plus ou moins escarpés, pas d'hésitation : vous vous tournerez vers un vélo tout terrain (VTT) ou, au minimum, vers un « tout chemin » (VTC). De même, si vous êtes plutôt sportif et désireux d'entretenir votre forme en avalant des kilomètres chaque week-end, alors, deux options s'offriront à vous : soit un vélo de course ultra léger et performant, soit un vélo de route, modèle de grand tourisme, résistant et hyper confortable, voire vers un vélo couché.

En revanche, si vous voulez circuler en ville, assurer vos trajets domicile-travail, transporter vos enfants ou aller faire vos courses, le choix sera un peu plus complexe. Car selon vos besoins, votre budget et votre style, vous aurez à vous décider entre un vélo hollandais, un vélo vintage, un sport urban ou encore un vélo pliant. À moins que vous n'achetiez un vélo à assistance électrique, qui fait de plus en plus d'adeptes...

Avant de choisir l'un de ces modèles, celui qui fera de vous un cycliste à l'aise sur sa selle, mieux vaut donc connaître les critères de chaque type de vélo et ses spécificités.

 

Les vélos de ville

Un bon vélo de ville doit être doté d'un maximum d'options de confort et de sécurité (éclairage, garde-boues, protège-jupe, panier et porte-bagage, etc.) et avoir au minimum six vitesses pour affronter sans peine les différentes topographies en milieu urbain. Ses roues ont des pneus d'environ deux doigts de largeur : c'est plus que sur les vélos de route (pour plus de stabilité) mais moins que sur les VTT (pour plus de maniabilité et de légèreté). Son cadre doit offrir au cycliste une assise droite et haute pour lui assurer une vue dégagée sur le trafic. La qualité des éclairages est essentielle : ils doivent être puissants pour permettre de bien voir et d'être vu.

 

Le vélo hollandais (type Vélib' parisien ou Vélov' lyonnais)

Il fait figure, dans le registre citadin, du nec plus ultra. Il dispose d'un cadre très robuste et d'une assise confortable. Sa selle rembourrée et haut placée permet au cycliste de pédaler en position bien droite et d'avoir une vue dégagée sur la circulation environnante -une nécessité pour la sécurité. Doté d'au moins 6 à 8 vitesses intégrées dans le moyeu (sans dérailleur), il est équipé de bons freins à tambour, d'un éclairage efficace et complet ainsi que de multiples accessoires pratiques (garde-boues, pare-jupes, porte-bagage et panier, béquille, antivol).

Atouts : sa fiabilité, sa longévité, sa robustesse, son confort et sa sécurité.

Inconvénients : il est relativement lourd... et cher. Les prix oscillent entre 600 et 2000 €.

 

Le vélo tout chemin (VTC)

Appelé aussi vélo trekking, c'est un hybride, compromis entre vélo de ville (côté confort) et vélo apte à rouler sur les chemins de campagne (côté souplesse). Il a un cadre rigide en aluminium, dispose de nombreuses vitesses (18 à 20) pour grimper les côtes plus facilement et est équipé de grandes roues à pneus à crampons un peu plus larges que ceux d'un vélo de ville classique. Bien qu'à moitié campagnard, il peut recevoir tous les accessoires utiles au cycliste urbain : porte-bagage avant et arrière, éclairages, béquille, garde-boues. Son prix varie de 170 € en entrée de gamme jusqu'à 750 € en fonction de la qualité du cadre et des équipements et options.

Atout : Il assure un service correct aussi bien à la ville qu'à la campagne...

Inconvénient : … mais il n'offre d'excellentes performances sur aucun de ces terrains.

 

Le vélo « Sport urban »

Il allie les caractéristiques d'un vélo de ville et d'un sportif. Son cadre est rigide pour une conduite nerveuse mais reste léger et maniable pour permettre au cycliste de se faufiler avec agilité dans la circulation dense. Du fait d'un guidon bas et droit, la position en selle porte un peu vers l'avant à la manière des vélos de course. Il convient donc tout particulièrement aux habitués des trajets sur route qui veulent aussi pouvoir se déplacer en ville. Ce qui est possible avec ce vélo doté des équipements de sécurité obligatoires, mais sans fioriture.

Atout : un modèle ludique qui ne sacrifie pas la sécurité.

Inconvénients : confort réduit et prix pas accessible à toutes les bourses, la fourchette allant de 700 à... 5000 € !

 

Le vélo pliant

Inventé par un Anglais, le vélo pliant est équipé de charnières centrales permettant de replier la structure sur elle-même de façon à pouvoir les transporter  dans un minimum d'espace. Du fait de roues d'un diamètre inférieur aux vélos traditionnels (16 ou 20 pouces), ce vélo n'est pas destiné à parcourir de grandes distances. Néanmoins, il est d'une grande utilité pour les citadins car il peut être transporté à bout de bras dans le train ou le métro et être entreposé au bureau ou à la maison pour éviter les vols. Un conseil toutefois : avant d'acheter votre vélo, vérifiez que le pliage est simple et rapide et faites attention à son poids (entre 10 et 13 kilos environ).

Atouts : très pratique et maniable. Idéal pour alterner vélo et transports en commun.

Inconvénients : les meilleurs modèles, tout à la fois solides, fiables et légers, sont chers. Ils peuvent atteindre 3000 €. Mais on en trouve en entrée de gamme à partir de  400 €.

 

 

 

Le vélo à assistance électrique (VAE)

C'est un cycle équipé d'un petit moteur qui ne remplace pas le pédalage mais peut le relayer ou le compléter. Solution idéale pour le cycliste qui effectue des trajets quotidiens de plus de 8 à 10 km, souvent avec des charges (courses ou enfants) ou sur des axes au relief accidenté (pour franchir des pentes jusqu'à 10 %), le VAE connaît d'ailleurs un véritable engouement. Cela s'est traduit par l'apparition de modèles bas de gamme (à partir de 400 €) qui sont loin d'offrir les garanties de sécurité souhaitables (freins insuffisants, batterie peu fiable, etc.). Un fait, un modèle confortable, solide et néanmoins léger -notamment du fait d'une batterie au lithium et non au plomb- atteint ou dépasse les 1500 euros.

Toutefois, si cette  solution vous tente, sachez que nombre de collectivités territoriales et certaines entreprises, aujourd'hui, proposent des aides financières pour l'achat d'un VAE entre 250 et 400 €.

Atouts : on peut, avec un VAE, effectuer des trajets plus longs et plus difficiles qu'avec un vélo classique et cela, avec une vitesse soutenue et sans trop d'efforts (pas besoin de prendre une douche à l'arrivée !).

Inconvénients : son poids (de moins de 15 kg à plus de 35 kg, la plupart autour de 20 kg), le VAE est bien plus cher qu'un vélo simple.

 

Les vélos « routiers »

Sous cette appellation, on trouve aussi bien des vélos de course taillés pour la compétition, des vélos de route pour les randonnées au long cours, les VTT pour une pratique sportive sur terrains accidentés...

 

Le vélo tout terrain (VTT)

Depuis une vingtaine d'années, les VTT occupent une place dominante dans le cyclisme de loisir. Destinés aux terrains accidentés, ils sont taillés pour le cross country et les sentiers de montagne (c'est pourquoi on les appelle aussi « mountain bike »). Un VTT se caractérise par un cadre solide et léger, des pneus larges à crampons. Il est également équipé de suspensions pour amortir les chocs et les vibrations. La fourchette de prix, selon la qualité des matériaux et les équipements, peut aller de 130 à 2300 € !

Atout : c'est un vélo très ludique et sportif.

Inconvénient : il n'est pas polyvalent.

 

Le vélo de route

À côté des vélos de course, ultra légers et aérodynamiques (mais fragiles et chers), réservés à une minorité de sportifs amateurs de vitesse, les vélos de route conviennent à ceux qui misent plutôt sur les activités sportives d'endurance. Ce sont en effet des vélos taillés pour faire des kilomètres avec un maximum d'efficacité et de confort (position portée vers l'avant afin de soulager le dos). Robustes mais au profil effilé, légers (moins de 7 kg), ils sont dotés de grandes roues et de pneus fins, n'offrant qu'un faible frottement au sol et peu de résistance au vent. 

Premiers prix à partir de 180 € mais cela monte vite pour les modèles de qualité. Les plus légers peuvent atteindre 3000 €.

Atout : Permet de parcourir de longues distances sans trop de fatigue.

Inconvénient : Réservé à la promenade et aux loisirs sur macadam, il ne résiste pas aux terrains accidentés.

 

[1] 2 977 600 vélos ont été vendus en France en 2014.

 

Quelques conseils anti-vol

Ceux qui laissent souvent leur vélo dans l'espace public peuvent avoir intérêt à opter pour des dispositifs dissuasifs en termes de vol. Ainsi, plutôt que des roues à attaches rapides, certes très pratiques mais aussi très tentantes pour les voleurs car faciles à ôter, mieux vaut choisir des roues à l'ancienne fixées par des boulons. De même, si on veut éviter de se faire dérober ses éclairages, il peut être judicieux de préférer un kit d'éclairage amovible... à retirer systématiquement quand on gare le vélo (à condition de ne pas l'oublier quand on reprend le vélo). 

 

Les vélos de transport

Il existe aujourd'hui plusieurs solutions pour transporter des passagers ou des marchandises avec un vélo. Le biporteur permet de transporter un ou deux enfants. Conçu sur la base d'un vélo hollandais, il est muni à l'avant d'une caisse ou d'une cabine sur deux roues. En ville, on commence aussi à voir se développer les vélos cargo. Muni à l'avant d'une caisse rigide fermée, ce modèle permet de transporter des charges relativement importantes (jusqu'à 100 kg). Mais en fait, ce sont là des versions modernes de l'antique triporteur... qui fait d'ailleurs une réapparition remarquée dans le paysage urbain, aussi bien pour le transport des personnes que des marchandises. Compter au moins 1000 € pour acquérir un vélo dans ces catégories.

Essentiellement pratiques, ces vélos sont toutefois moins maniables qu'un vélo classique et d'une largeur qui peut empêcher de rouler sur des espaces étroits.

 

L'option occasion

Que ce soit par goût ou par nécessité, le vélo vintage a de plus en plus d'adeptes. De fait, il est tentant de se tourner vers le marché de l'occasion car on peut trouver son bonheur sur une foire à la brocante, une bourse aux vélos ou sur internet à partir de 40 €. À ce prix là, ce ne sera certainement pas une bécane très fringante ni dotée de tous les équipements... Une autre solution consiste à s'adresser à un revendeur spécialisé « seconde main ». En général, il propose des vélos qui ont subi une révision générale et peut même offrir une garantie de quelques mois.

Mais quels que soient la filière et le modèle choisis, il vous faudra impérativement contrôler les éléments sécuritaires du vélo que vous souhaitez acquérir. On peut citer parmi les vérifications indispensables : l'état d'usure et le fonctionnement des freins, les différents éléments d'éclairage, l'usure des pneus.Voir si le cadre n'a pas de fissure, si tous les câbles sont en bon état et bien tendus, si les pédales ne sont pas tordues et tournent correctement, sans bruit. Faire un petit tour sur le vélo permettra de tester les vitesses, de vérifier que la chaîne ne craque ni ne saute, que la direction n'a pas de jeu et que les roues ne sont pas voilées. 

Une fois cet examen effectué et les éventuels défauts relevés, il ne vous restera plus qu'à évaluer le prix des réparations et équipements jugés nécessaires pour avoir un vélo « bon pour le service ». Sachez que les pièces détachées sont chères et que pour certains modèles elles peuvent d'être plus disponibles sur le marché. Ces achats complémentaires peuvent se justifier pour un vélo de belle qualité, mais pas forcément pour un modèle d'entrée de gamme... 

 

La draisienne : un bon outil d'apprentissage

La draisienne fait une apparition remarquée depuis peu au rayon des vélos pour enfants : cela mérite quelques explications. Ancêtre du vélocipède, née voici deux siècles (en 1817 à Manheim), cette « machine à courir » se présente comme un vélo sans pédale. Assis sur la selle et les mains sur le guidon, on se déplace en s'aidant des jambes. Au lieu d'appuyer sur des pédales pour entraîner le pédalier qui transmet aux roues, ce sont les pieds qui impulsent le mouvement.

Avec l'invention du vélo, la draisienne avait complètement disparu. Si elle ressurgit aujourd'hui du passé, c'est qu'on s'est aperçu qu'elle pouvait être un bon outil d'apprentissage pour les jeunes enfants. Ce drôle de vélo sans pédale permet en effet au bambin, dès 2 ans, d'avancer en poussant sur le sol avec ses pieds et de découvrir ainsi peu à peu, set ans risque, l'équilibre. Plus besoin des petites roues qu'on hésite à retirer ou de courir en maintenant votre enfant pour lui éviter une chute... Après cet apprentissage naturel et en douceur, vers 4 ou 5 ans, votre enfant pourra passer sans douleur (pour lui et pour vous!) sur un vélo à pédales.

Coût d'une draisienne : entre 60 et 100 €.