La menace sur les trains de nuit remet en cause le transport des vélos

8 sep 2016

La menace de suppression de certains trains jugés non rentables se précise. Dans plusieurs régions les usagers se mobilisent pour faire pression sur les négociations Etat-Régions en cours autour des trains Intercités, appelés aussi Trains d’Equilibre du Territoire (TET).

L’enjeu est important pour les cyclistes puisque les Intercités prennent les vélos non démontés, sur des distances supérieures à celles des TER, et alors que les lignes TGV mais aussi Thalys et Eurostar acceptent très rarement les vélos, mêmes pliables, et très souvent uniquement emballés avec une housse.

Parmi les trains Intercités figurent les trains de nuit, dont beaucoup rayonnent à partir de la gare d’Austerlitz vers de nombreuses villes moyennes du sud de la France non desservies par le TGV. Ils offrent une possibilité de voyager sur de longues distances avec son vélo, sans changement, et pour un prix modeste.

Dans son rapport remis en 2015 sur l’avenir des Trains d’Equilibre du Territoire, le député Philippe Duron soulignait que « le déficit des lignes de nuit représente environ 25 % du déficit de l’ensemble des lignes TET alors même qu’elles ne représentent que 3 % des voyages. » Les usagers des trains de nuit retournent l’argument en prenant en compte non des « voyages » mais des km/voyageur, ce qui réduit fortement le déséquilibre du fait de la longueur des voyages de nuit. Ils soulignent par ailleurs que le faible taux de fréquentation est directement lié à la dégradation du service (trains en retard ou annulés, climatisation en panne, sortie tardive à la réservation, mauvais entretien des voies, correspondances mal calées, discrétion sur les services proposés), et que si on évoque la rentabilité, celle des TGV n’est pas non plus acquise, en-dehors sans doute de la ligne Paris-Lyon.

La FUB soutient toute démarche des usagers visant à favoriser une intermodalité des transports offrant une alternative à la route, rejoignant en cela l’intention manifestée par le législateur dans la loi de transition énergétique d’août 2015. Elle demande que l’intermodalité train + vélo ne soit pas oubliée ou sacrifiée pour des impératifs de rendement à court terme, mais intégrée dans une réflexion globale de coût social et environnemental qui doit caractériser toute politique de transports.

Tout en continuant à demander un meilleur service train + vélo sur les lignes de TGV, la FUB s’oppose fermement à la suppression de trains longue distance qui offrent déjà ce même service aujourd’hui.

Un collectif d’associations appelle les usagers à signer la pétition en ligne sur www.change.org/p/ouiautraindenuit et à faire connaitre leur opposition face à la disparition annoncée des trains de nuit en France. Un argumentaire a été également écrit, qui offre une contre-expertise face à l’accusation de « déficit » faite par l’Etat envers le train de nuit. Il est disponible, ainsi que des idées d’action, sur https://ouiautraindenuit.wordpress.com