Nos revendications

Passer du Code de la Route au Code de la Rue

80 % de la population française habite en centre-ville et en périurbain. En 40 ans, la rue a remplacé la route dans notre environnement quotidien. Les règles de circulation et de cohabitation entre modes de déplacement doivent en tenir compte.

La FUB milite pour :

  • une communication institutionnelle d’ampleur sur les nouvelles dispositions du Code de la Route : généralisation des doubles sens cyclables en zone 30, « cédez le passage cycliste au feu », création de la zone de rencontre, principe de prudence
  • l’instauration d’un concept de « ville 30 » : la limite à 30 km/h devient la règle et le 50 km/h l’exception. En agglomération, les fonctions de vie locale sont prépondérantes sur les fonctions de trafic. Les pointes de vitesse augmentent l’insécurité, l’exclusion, le bruit et la pollution. Seule 20 % de la voirie a vocation à rester limitée à 50 km/h (Certu). Ces axes à 50 doivent être dotés d’aménagements cyclables spécifiques, ailleurs la cohabitation doit être privilégiée ;
  • de nouvelles mesures pour apaiser les vitesses, favoriser un meilleur partage de la rue, améliorer la circulation et la sécurité des cyclistes : 
    • supprimer progressivement les feux et stops devenus inutiles en zone apaisée, favoriser la priorité à droite ;
    • généraliser sur l’ensemble des voiries les doubles sens, les sas vélo et les « cédez le passage cyclistes » en carrefour à feux ;
    • généraliser l’ouverture des couloirs bus aux cyclistes ;
    • sanctionner le stationnement sur aménagement cyclable comme dangereux - et non seulement comme gênant - ; 
    • généraliser la « proportionnalité des peines », à l’instar de l’agglomération de Strasbourg, pour que la sanction infligée aux usagers en infraction soit en rapport avec le danger qu’ils font courir à autrui ;
  • multiplier les campagnes de sensibilisation des conducteurs sur le respect des cyclistes : surveillance des angles morts, usage du clignotant, etc.. 

 

Améliorer la sécurité des cyclistes

Contrairement aux idées reçues, le vélo est moins dangereux en ville qu’en rase campagne. Le nombre de cyclistes tués est en baisse continue depuis 2006, alors que la pratique explose dans la plupart des agglomérations. En matière de pratique cyclable, c’est le nombre qui fait la sécurité.

En revanche, le deux-roues motorisé est sur-représenté dans les statistiques (25 % des tués en 2011 alors qu’il représente à peine 2 % de part modale). D’où l’importance de distinguer ces deux modes et de ne pas favoriser un report massif vers le deux-roues motorisé en prônant l’obligation du port du casque.

La FUB milite pour :

  • réduire la vitesse des véhicules motorisés en ville grâce aux zones 30 et zones de rencontre ;
  • séparer les vélos du trafic automobile hors agglomération par des itinéraires en site propre ;
  • réduire le fléau des angles morts à l’origine de 10 % des accidents mortels de cyclistes en ville : désynchronisation des flux motorisés et actifs (ligne avancée de départ des cyclistes au feu), équipements obligatoires des poids lourds (rétroviseur avant, feux clignotants assortis d’un signal sonore lors de mouvements tournants à faible vitesse, protection latérale entre les roues du camion et de sa remorque, etc.) ; 
  • des normes supérieures de qualité pour l’éclairage des vélos : présence obligatoire à l’achat sur tous les cycles, puissance adaptée et fiabilité améliorée ;
  • restreindre le parc de véhicules diesel, pour diminuer les particules fines (PM) et le dioxyde d’azote (NO2) qui voient leur concentration augmenter dans les zones urbaines, là où la circulation automobile est la plus dense. Même si le cycliste respire moins de polluants que l’automobiliste, la qualité de l’air ambiant reste un facteur de dissuasion qu’il faut neutraliser pour stimuler les cyclistes potentiels ainsi encouragés par une atmosphère saine et une ambiance agréable pour leurs trajets. 

 

Développer l’apprentissage du vélo

Tout le monde n’est pas forcément à l’aise sur un vélo. Il faut faciliter la (re)mise en selle des enfants et adultes en leur apprenant à se déplacer dans le trafic. L’essor des vélo-écoles est une preuve de l’engouement des Français pour le vélo, une contribution essentielle à la sécurité des nouveaux cyclistes et un signe de la vitalité du réseau associatif.

La FUB milite pour :

  • la création, le développement et la pérennisation des vélo-écoles pour adultes ;
  • la reconnaissance par l'Education Nationale du Certificat de Qualification Professionnelle Educateur mobilité à vélo, que la FUB a contribué à créer et à mettre en place ; 
  • une sensibilisation des jeunes aux avantages des modes actifs : santé, lutte contre l’obésité, réduction des émissions de GES, des nuisances sonores, de la pollution et en insistant sur la nécessité d’avoir un vélo bien équipé (freins, bon antivol, etc.), d’être visible (éclairage, gilet fluorescent la nuit), de maîtriser les risques, de se méfier des angles morts ;
  • une généralisation des plans de déplacement d’établissement (PDE), d’administration (PDA), inter entreprises (PDIE), d’établissement scolaire (PDES) ;
  • l’organisation de challenges inter-écoles, inter-entreprises pour récompenser les plus éco-mobiles ; de campagnes « allons-y à vélo », etc.. 

 

Mettre en place des incitations financières à l’usage du vélo 

La France s’est longtemps distinguée de ses voisins en accordant à l’automobiliste des avantages fiscaux (déclaration de frais réels). Il est temps de rétablir l’égalité entre le vélo et les autres véhicules.

La FUB milite pour :

  • un dispositif fiscal simplifié et rationnel de prise en compte des frais kilométriques dans l’impôt sur le revenu afin d’encourager le rapprochement domicile-travail et ainsi lutter contre l’étalement urbain. Un même taux doit s’appliquer à tout déplacement domicile-travail quel qu’en soit le mode de transport. Ceci afin de favoriser les modes de déplacement les plus vertueux pour l’homme et les moins polluants pour l’environnement au lieu de les pénaliser ; 
  • l’extension du crédit d’impôt pour l’acquisition d’un véhicule propre à l’achat d’un vélo (avec ou sans assistance électrique) pour des déplacements utilitaires ; 
  • l’extension du bonus prévu pour les véhicules peu émetteurs de Co2 à l’achat d’un vélo (avec ou sans assistance électrique) ; 
  • l’application d’un taux réduit de TVA sur les services aux cyclistes (ateliers d’auto-réparation, vélo-écoles, ...) ; 
  • l’affectation de 10 % du budget des routes nationales à la réalisation d’aménagements cyclables ; 
  • une incitation financière versée par l’employeur basée sur le nombre de kilomètres parcourus à vélo comme en Belgique (0,21 € par km parcouru), au Danemark, aux Pays-Bas, etc.. 

 

Encourager l’intermodalité vélo-transports collectifs

L’usage combiné du vélo et d’un transport collectif (train, RER, tram, bus, navette fluviale et maritime) est une des solutions d’avenir, notamment pour les déplacements en périurbain (gain de temps et d’argent). 

La FUB milite pour :

  • une offre de stationnement massive et adaptée aux besoins sous forme d’arceaux, box sécurisés, vélostations au plus près des arrêts, des stations et des gares ;
  • la possibilité d’embarquer les vélos dans les trains, métros, trams, bus ou autocars ; l’exemple des pays voisins montre que c’est techniquement possible (les transports publics de Copenhague ou Berlin acceptent les vélos et un emplacement conséquent est aménagé dans chaque rame de métro) ;
  • des parking-relais et aires de co-voiturage + vélo.

 

Accroître l’offre de stationnement vélos sur espaces publics et privés

L’article 57 du CCH (code de la construction et de l’habitat) rend obligatoire la réalisation d’espaces de stationnement vélos sécurisés dans tout bâtiment (logement ou accueil d’activités) construit après le 1er janvier 2012 (décret du 27 juillet 2011 et arrêté du 20 février 2012).

La FUB milite pour :

  • des campagnes d’information et la diffusion des règles de l’art et des bonnes pratiques auprès des professionnels de l’immobilier ;
  • élargir les obligations législatives au bâti existant en s’inspirant de ce qui est proposé pour la prise en compte des véhicules électriques (notamment les règles de vote en AG de copropriété) ;
  • étendre les incitations financières éco-PTZ (prêt à taux zéro destiné à financer une réhabilitation thermique) aux travaux de réalisation de stationnements vélo dans le bâti des quartiers résidentiels anciens ;
  • des règles d’urbanisme volontaristes généralisant les locaux à vélo sécurisés, équipés et accessibles dans l’habitat collectif, entreprises, commerces, écoles, administrations ; 
  • la suppression de places de stationnement automobile pour installer des arceaux, des box à vélo, des vélo-stations ou vélo-pôles devant les établissements générateurs de déplacement et pôles d’échanges multimodaux. 

 

Lutter contre le vol

Le vol est considéré comme le second frein à la pratique du vélo, derrière l’insécurité ressentie. Sur environ 400 000 vélos volés chaque année, moins de 3 % sont restitués à leur propriétaire, alors que 150 000 sont retrouvés sur la voie publique. Conséquence : 24 % des cyclistes victimes de vol renoncent à faire du vélo ; 50 % rachètent un vélo d’occasion, moins bien équipé.

La FUB milite pour :

  • des campagnes d’information nationales et locales sur les moyens de lutte contre le vol : marquage, antivol en U de bonne qualité, attache cadre + roue ;
  • un partenariat continu avec toutes les composantes du Ministère de l’Intérieur pour promouvoir le système Bicycode initié et géré par la FUB comme standard de marquage officiel ;
  • une promotion de l’efficacité du système BICYCODE® auprès des fabricants, revendeurs et assureurs pour généraliser le marquage à la mise en service ;
  • la mise en place de filières locales de réemploi des vélos. 

 

Développer les services au cycliste 

Pour encourager la pratique et se rapprocher de l’objectif européen de 15 % de part modale en 2020, il faut faciliter l’accès au vélo pour tous et apprendre à l’entretenir correctement.

La FUB milite pour :

  • la création, le développement et la pérennisation d’ateliers vélo participatifs et solidaires basés sur le réemploi de vélos inutilisés et l’apprentissage de gestes simples de mécanique par les cyclistes ; 
  • la location vélo toutes durées : le vélo en libre service ne couvre pas tous les besoins et ne s’adapte pas à toutes les tailles d’agglomération ; le prêt étudiant, la mise à disposition longue durée aux salariés d’entreprises sont des solutions à développer parmi d’autres. 
    Par ailleurs, la location d’un vélo électrique permet aux utilisateurs de vérifier sa pertinence, et donc d’investir dans un tel équipement en toute connaissance de cause.

 

Requalifier l’espace urbain au profit des modes actifs

L’espace agricole disparaît au profit des zones urbanisées. Le gaspillage d’espace et les contraintes économiques qu’il engendre pour l’entretien et l’extension des réseaux n’est pas une fatalité. La mobilité des habitants du périurbain et les connexions entre pôles urbains générateurs de déplacements sont un enjeu majeur.

La FUB milite pour :

  • un urbanisme moins consommateur d’espace, une concentration du bâti autour des axes de transport public et des gares, un renforcement de l’attractivité des pôles secondaires ;
  • l’augmentation des contraintes sur l’usage et le stationnement de l’automobile en centre-ville ;
  • une décentralisation et dépénalisation du stationnement automobile vers une redevance administrative contribuant au financement d’aménagements alternatifs à la voiture ;
  • la mise en oeuvre de sanctions pour non respect des obligations réglementaires du Code de l’environnement (art. L 228-2) ;
  • le maillage de parcours pédestres et d’itinéraires cyclables confortables, directs, sécurisés et continus ;
  • la création de routes express vélo pour le rabattement vers des modes de transports collectifs lourds et des liaisons inter-agglomérations ;
  • un budget de 25 € par habitant (hors VLS) consacré à la politique cycliste de chaque ville ;
  • ​un appel à projet destiné à aider les collectivités territoriales à créer des infrastructures cyclables de qualité et à se doter de toutes les structures de services associées ;
  • l’affectation d’une part des recettes fiscales (notamment éco-taxe poids lourds, contribution climat énergie, ...) au développement de la mobilité durable avec la réalisation d’aménagements favorables aux piétons et cyclistes. 

 

Investir sur la recherche en santé publique et la communication 

Alors que des pays européens adoptent depuis plusieurs années des politiques de santé publique articulées autour de l’usage du vélo, la France se distingue par son silence sur le sujet. Pourtant, la plupart des pathologies et maladies chroniques (cardio-vasculaires, métaboliques, cancéreuses, psychiques, etc.) résultent d’un manque d’activité physique et peuvent être prévenues par un exercice régulier, comme le montrent plusieurs rapports réalisés sur le sujet.

La FUB milite pour : 

  • qu’une part plus importante du budget de l’Etat soit consacrée à la recherche pour quantifier les bienfaits de l’exercice physique quotidien : santé, réduction des incapacités de travail, meilleure efficacité dans le travail ; 
  • que l’on qualifie le comportement du citoyen vis-à-vis des modes actifs afin d’orienter son comportement vers plus de responsabilité vis-à-vis de ses moyens de transport et favoriser ainsi une multimodalité compatible avec le développement durable et la lutte contre le changement climatique ; 
  • que tous les services publics (Etat, Sécurité Sociale, entreprises de transport ayant délégation de service public) communiquent en ce même sens et montrent l’exemple.